Pour la 7ème année consécutive, la Ville de Voiron investit un budget considérable (142 000€) dans des caméras de vidéosurveillance. Alors que les premières caméras installées doivent déjà être remplacées, c’est près d’1 000 000 € dépensés depuis le début de cette politique… Sans limite prévue.
Voiron Citoyenne s’oppose à cette logique, dont l’efficacité est mise en doute dans les études nationales et les rapports de la Cour des Comptes.

Voiron continue de dépenser énormément dans les caméras

Pour le conseil municipal de septembre 2022, l’Adjoint en charge des Sécurités a soumis à approbation “le déploiement de la 7ème phase de vidéoprotection”, afin de “prévenir les atteintes contre les personnes et les biens, de réprimer les actes de délinquance”. Pour cela, “la mise en œuvre de 8 caméras supplémentaires” s’élève à un montant de 141 950 € (17 000 € par appareil) avec un soutien de la région plafonné à 50 000 € par an.

L’intervention de Voiron Citoyenne

La position de Voiron Citoyenne sur la vidéosurveillance diverge clairement de celle de la majorité.

Nous demandons les statistiques sur les incivilités et délits commis chaque année à Voiron (déjà demandées précédemment. Nous ne les obtiendrons pas cette fois-ci encore.), en regard du nombre de caméras installées, pour évaluer l’effet de ces caméras.
En effet la question se pose : le rapport à ce sujet de la Cour des Comptes en 2020 (page 69 et suivantes) observait qu’« aucune corrélation globale n’a été relevée entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de délinquance commise sur la voie publique, ou encore le taux d’élucidation. »

Nous entamons la phase 7 du programme de vidéosurveillance (une phase par année de mandat, nous a-t-on précisé en Commission). Cette année, 8 caméras supplémentaires, pour un montant de plus de 140 000 €.
Avec des investissements récurrents, tous les ans entre 100 et 200 000€, c’est donc près d’un million d’euros qui ont déjà été dépensés pour la vidéosurveillance. C’est colossal, au regard du budget – particulièrement contraint- de la ville. Aujourd’hui, le total des caméras installées approche les 80. Jusqu’où cet engagement va-t-il aller ? Y a-t-il un nombre fixé comme objectif ? Une limite ? (Réponse : Non.) Alors que, par ailleurs, on commence déjà à remplacer les premières caméras, devenues obsolètes … Comme prévu, ce dispositif est devenu un puits financier sans fond, aussi nous votons résolument contre cette délibération.

Carte des caméras de surveillance à Voiron
Carte des caméras de surveillance à Voiron

Qu’est-ce qui se cache derrière cette politique ?

Plus largement qu’à Voiron, tout un courant politique nous vend la “protection”. Attisant d’abord des peurs plus ou moins fondées, ses édiles se présentent en protecteurs solides, et doivent alors justifier cette image. Faute de pouvoir présenter des résultats chiffrés de leur efficacité, les moyens mis en œuvre deviennent des arguments. Hélas, c’est un jeu sans fin, duquel les seuls gagnants qui en sortent sont les fournisseur d’outils et services de protection, qui, à leur niveau, font aussi partie prenante du débat.

Si Voiron Citoyenne pilotait le budget de notre ville, elle ne mettrait pas 1 million dans ces objets technologiques : ils font peser un risque sur les libertés publiques, car ils ouvrent à une surveillance automatisée, au delà de ce qu’imaginent généralement les usagers.

Le saviez-vous?  Voiron s’est doté d’un logiciel de vidéo-reconnaissance des infractions routières. Feux rouges non respectés, stationnements gênant et autre infractions … En tant que conducteurs automobiles, pensiez-vous que la vidéosurveillance allait être étendue à cela?

Quelles autres propositions ?

Le besoin de sécurité des citoyens est indéniable, et les “gardiens de la paix” au sens large doivent disposer du nécessaire pour cette mission.
Pour éviter de s’engouffrer dans des solutions préconçues, notre méthode passe d’abord par l’humain. Entendre le diagnostic et les propositions des travailleurs impliqués mais aussi des usagers.

Nous privilégions les réponses de moyen terme et pérennes (emploi, formation), en restant vigilants sur les valeurs fondamentales, notamment celle de la liberté concernant la vidéosurveillance.
Les investissement dans la police peuvent être utiles, mais nous soutenons aussi le travail des éducatrices, assistants sociaux, animatrices de tout le tissu social, éducatif et culturel. Des personnes aujourd’hui débordés et mal reconnues dans leurs missions, tout aussi capitales pour le vivre ensemble et pour l’apaisement des tensions sociales.

Comme le soulignent nombre de sociologues, dans une ville où chacun trouve sa place, se sent accepté, peut vivre dignement, a accès à des services, à la culture… l’insécurité baisse. Non par la répression mais par l’émancipation. C’est une autre voie.

Et quelle que soit la démarche que nous engageons, questionnons régulièrement sa pertinence et continuons à adapter notre réponse. Ce dialogue prend du temps, mais moins que de rattraper des erreurs dans lesquelles on s’enferme pendant des années…

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