Voiron engage un projet de Ville Connectée pour un budget évalué à 765 000 €. Elle fait valider une convention de financement par la Caisse des Dépôts d’un maximum de 60 000 €. Comment lancer un projet d’une telle nature et d’un tel budget sans donner la moindre précision sur son contenu et son déroulé ?

Voiron projette de “développer une solution de Smart City, en intégrant l’aspect de la transition numérique dans le développement de la Ville. Le coût global du projet est évalué à 765 000 €. la Ville a déposé en mai une demande de subvention auprès de la Caisse des dépôts. Cet organisme apporte un co-financement d’un montant maximum de 60 000 euros”. La majorité soumettait donc à délibération la signature de cette convention.

L’intervention de Voiron Citoyenne

Le sujet de la Smart City -ville intelligente en français- a déjà été mentionné lors du vote du budget. Le concept complexe couvre de nombreuses activités. Bien pensé, il pourrait participer à une gestion plus durable de la ville, afin d’améliorer la vie de chacun.

Or la majorité n’a jamais précisé ce que son préparait concrètement. En Commission, elle a indiqué que l’axe prioritaires serait l’optimisation de l’énergie consommées dans l’éclairage et les bâtiments publics. La vidéosurveillance n’entrerait pas dans le champ… pour le moment.

Mais aucune stratégie, aucun calendrier n’ont été communiqué, pour un projet à 765 000 € !
S’il y a des co-financements (avec d’autres soutiens de l’état ?), il doit y avoir des cadres…
Difficile pour Voiron Citoyenne de se positionner avec aussi peu d’informations, pour un projet d’une telle nature et d’un tel coût.
Nous souhaitons vivement la mise en place d’un Conseil Municipal Privé afin de connaître l’ensemble du projet, et le suivi en commission ad hoc.

Réactions

On nous signale en Conseil qu’on en est au stade des études pour déterminer ce qui serait pertinent de mettre en œuvre. Quand nous évoquons le fait que 765 000 € est une somme considérable à valider pour un projet dont on ne sait pas ce qui sera mis en œuvre, on nous répond que cette somme “est en trompe l’oeil”. Elle contiendrait des financements déjà validés par ailleurs. Lesquels? Nous n’en saurons guère plus sur ce que signifie cette expression dans ce cas précis. Cela n’encourage pas à la confiance. Pour le moins…

Au moment du vote, lorsque nous signifions notre abstention, les réactions sont vives. Le maire intervient encore après le vote à ce sujet. Espère-t-il nous faire changer d’avis sans donner plus d’informations..?

Ce projet soulève plusieurs interrogations…

L’engouement pour les solutions technologiques mérite d’être mesuré et réfléchi.
Sans tomber dans les caricatures, il faut reconnaître les bénéfices des nouveautés apportées par l’informatique depuis une vingtaine d’année, mais il faut aussi garder à l’esprit les possibles revers de médaille.

L’infrastructure permet-elle réellement de préserver l’environnement ou a-t-elle un impact écologique globalement négatif ? Le coût est-il intéressant en regard du service rendu ; l’investissement est-il pérenne ? N’expose-t-il pas la population à des divulgations de la vie privée, ou à un collecte de données profitant à des tiers?  Ce ne sont pas des fatalités, mais il est important de prévoir des garanties.

Il semblerait plus démocratique d’informer l’opposition, ainsi que toute la population, sur ce qui s’engage. Ou, au moins, à défaut d’un projet détaillé -dont nous avons bien compris qu’à ce stade il était difficile à produire-  d’informer sur que la municipalité aimerait faire. Ainsi lorsque dans notre dialogue d’incompréhension, le conseillé délégué nous répond qu’on peut faire “tout et n’importe quoi avec la smartcity”, nous redemandons : Oui mais vous, vous aimeriez faire quoi? Question sans réponse.

Ainsi pourraient venir, de la part des habitants, des équipes municipales ou des entreprises locales, des améliorations intéressantes grâce à ce vaste domaine (plus d’ambitions écologiques, plus de précautions,…).

Lancer un projet d’un tel budget (prévisionnel) avec aussi peu de contenu déclaré, mais surtout avec ce qui semble aussi peu de direction exprimée pose problème.

Plus largement, quels sont, pragmatiquement, les désirs ou la vision de l’équipe en place, pour la Ville dans 5 ou 10 ans? Difficile de le dire…

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