Voiron Citoyenne a voté contre le Barreau

L’association Laisse Béton du Voironnais est une association créée contre le projet du « Barreau » routier A48-RD592, à l’origine de la pétition qui a réuni 1238 signataires, remise le 28 février 2023 au Pays Voironnais. L’objet de cette association est de sensibiliser et mobiliser l’opinion publique du Pays Voironnais sur les solutions alternatives d’aménagement du territoire et de modes de déplacements plus respectueux de l’environnement et de la biodiversité.

La liaison routière A48 RD592, dite le Barreau, en améliorant l’offre du réseau routier, encourage les automobilistes à utiliser leurs véhicules, au détriment des modes de transports alternatifs, plus respectueux de l’environnement, de la biodiversité et de la qualité de l’air, un problème de santé publique.

Un projet d’un autre temps

Il est contraire :

  • à la loi « Climat et résilience »
  • aux directives du PCAET du Pays Voironnais

Il est parfaitement inutile, le nombre de trajets allant en décroissance (enquête ménages du Pays Voironnais – déplacements de 2020).
Il n’est justifié par aucune étude probante (études non citées dans le dossier, ni consultables sur le site du département).
Il est dangereux : la pente serait de 7% et empruntée par un grand nombre de camions, sans voie de détresse.
Il mobilise d’importantes sommes d’argent public qui devraient être investies plus efficacement pour gérer la transition vers plus de déplacements alternatifs.
Il risque de surcharger l’échangeur existant de la D1085/D592-D1092 déjà saturée en heures de pointe.
Le coût du projet est estimé à 25 millions HT, mais il date de 2019, avant la récente inflation et ne comprend pas tous les coûts (carrefour giratoire RD 592, parcelles de terrain non encore acquises). Avancer ces chiffres n’est pas raisonnable !
Il menace la biodiversité : 2 espaces boisés classés (EBC), 56 espèces d’oiseaux inventoriés sur le site par le Pic Vert, dont 45 protégés par la loi et 50 espèces classées en liste rouge par le département dont le milan royal en danger d’extinction.

Ce projet, s’il aboutit, s’étalerait sur 3 longues années avec des allers-retours incessants de camions et engins de chantier entraînant des milliers de mètres cubes de béton, de déblais, de gasoil brûlé par les machines, le tout provoquant une gigantesque pollution atmosphérique et sonore pour les riverains. Le bilan carbone serait aussi catastrophique !
Tout cela nos décideurs le savent avec les multiples expertises dont ils ont connaissance. Ce projet est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

Des impacts négatifs et sous évalués – Un enjeu de santé publique

  • 4 ha de zones agricoles supprimées
  • artificialisation des sols avec destruction de la biodiversité, faune et flore
  • pollution atmosphérique et santé publique : la pollution au N02 (dioxyde d’azote) et au PM2,5 (particules fines) sur le territoire du pays Voironnais a été responsable de 70 décès entre 2016 et 2018

Le PCAET (Plan Climat Air Energie Territorial)

M. Bruno Cattin, président de la CAPV déclarait dans le Mag du Pays Voironnais :

L’artificialisation des sols est le premier facteur de perte de biodiversité, le transport, secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre.

Et dans le DL du 15/09/2022 :

L’enjeu principal est de rééquilibrer la part des transports collectifs par rapport aux individuels. Après l’été que nous venons de vivre, l’heure n’est plus au constat mais à l’action.

Pourquoi les propos et les engagements pris par le président de la CAPV ne sont-ils pas en cohérence avec ses décisions ?

En 2019, un nouveau plan climat-énergie a été adopté mais à aucun moment il n’est envisagé de contribuer avant toute chose à mettre en place des mesures alternatives visant à réduire le trafic routier.

De nombreuses solutions alternatives existent

La seule manière de venir à bout durablement de la surcharge de trafic sur nos routes, c’est de réduire le nombre de voitures en circulation en proposant des alternatives aux automobilistes.

Il faudrait :

  • Amplifier le rééquilibrage des modes de déplacement en favorisant le covoiturage et l’autopartage, mais aussi développer enfin les modes de déplacements doux (vélo ; marche).
  • Valoriser les infrastructures existantes, en négociant par exemple la gratuité de l’autoroute sur la portion Voreppe/Champfeuillet au moins pour les riverains afin d’inciter à utiliser cet axe autoroutier et soulager le réseau secondaire (comme dans le Grésivaudan, direction Chambéry). L’AREA (société d’autoroute) est prête à discuter le sujet avec le département, selon la lettre envoyée au Pic Vert qui l’interrogeait sur cette question…
  • Rendre gratuits les parkings-relais, des gares notamment.

Par ailleurs, selon le PADD (projet d’aménagement et de développent durable) de la révision du PLU (plan local d’urbanisme) de Voiron « la mise en service l’été 2020 de la nouvelle avenue Philippe Vial dans la ZAC (zone d’aménagement concertée) Rossignol-République a déjà permis d’alléger le trafic du cours Senozan ». Il suffirait donc de mettre en œuvre le plan routier prévu, notamment le double sens sur la rue Stendhal (feu tricolore déjà installé) ce qui permettrait à de nombreux véhicules d’échapper aux bouchons du centre aux heures de pointe.

Conclusion : aucun constat fiable

Le barreau ne résoudrait pas la problématique du flux routier trop important sur le Pays Voironnais.
Il ne permettrait pas de réduire le flux de Voiron centre qui concerne le plus d’habitants. Pire, il augmenterait le flux de voitures à Moirans et ne ferait que détériorer la santé des habitants en raison de la pollution atmosphérique et du bruit.
Ce projet est devenu inapproprié, inutile, climaticide, cher, dangereux, polluant et destructeur de biodiversité. Il est d’un autre temps, celui où l’on ne savait pas mesurer les conséquences néfastes du tout voiture.

Les raisons mises en avant par le département et du Pays Voironnais pour réaliser ce projet et présentées comme des évidences sont sans justification auprès du public d’études probantes de réduction du trafic routier, sans études consultables sur les impacts pour la santé et l’environnement, sans analyse du bilan carbone de la construction (terrassements, ouvrages béton, acier, bitume…) ni des émissions induites (augmentation du trafic et de la vitesse) et évitées (si report modal).

Les efforts doivent être concentrés sur la réduction du trafic routier, l’amélioration et la transition des modes de déplacement.

La commission Transition écologique de la CAPV ne s’y est pas trompée en donnant un avis défavorable à ce projet par 9 voix contre, 5 abstentions, 3 votes favorables… avis de la commission qui n’a pas été suivi par le vote en conseil communautaire du 28/06/22.

Ce dont la population a besoin, c’est d’une réponse adaptée aux besoins de déplacements actuels et à venir dans notre monde tel qu’il est aujourd’hui et tel qu’il tend à se transformer pour les générations futures.

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